Le jeu Neuria
Piégez votre cerveau
5 pièges, 60 secondes. Chacun repose sur un biais cognitif étudié par la recherche en psychologie. Combien de fois votre cerveau va se faire avoir ?
À votre avis, la tour Eiffel mesure plus ou moins de 900 mètres ?
Et selon vous, quelle est sa hauteur exacte ?
Le biais d'ancrage
La tour Eiffel mesure 330 mètres. Vous avez répondu .
Le chiffre de 900 n'avait aucun rapport avec la bonne réponse, et pourtant il tire les estimations vers le haut. En négociation ou en entretien, le premier chiffre annoncé joue le même rôle.
Une batte et une balle coûtent 1,10 € au total. La batte coûte 1 € de plus que la balle. Combien coûte la balle ?
La pensée rapide
La balle coûte 5 centimes : la batte vaut alors 1,05 €, et le total fait bien 1,10 €.
La réponse « 10 centimes » vient tout de suite à l'esprit, et c'est le problème : notre intuition répond avant que notre raisonnement ait vérifié. Plus de la moitié des étudiants de grandes universités américaines s'y sont trompés (Frederick, 2005).
Cliquez sur la couleur de l'encre, pas sur le mot écrit.
6 mots, 10 secondes. Une seule erreur et c'est perdu.
L'effet Stroop
Lire est devenu si automatique que votre cerveau lit le mot avant même que vous ayez regardé sa couleur. Nos automatismes vont plus vite que notre attention, y compris quand ils nous desservent.
Avec la méthode A, 90 % des projets aboutissent. Avec la méthode B, 10 % des projets échouent. Laquelle choisir ?
L'effet de cadrage
Les deux méthodes donnent exactement le même résultat. Seule la présentation change.
La même information convainc davantage quand elle parle de réussite que quand elle parle d'échec. La façon de présenter un bilan, un risque ou un feedback pèse donc sur la décision qui suit.
Claire a 34 ans et a fait des études de philosophie. Étudiante, elle militait contre les discriminations et participait à des manifestations. Quelle affirmation est la plus probable ?
L'erreur de conjonction
Deux conditions réunies ne peuvent jamais être plus probables qu'une seule des deux. Mais le portrait colle si bien au stéréotype que le détail en plus paraît plus crédible.
Dans l'étude d'origine, environ 85 % des participants faisaient ce choix (Tversky et Kahneman, 1983). C'est le même mécanisme qui avantage un CV parce qu'il « ressemble au poste ».
Votre score
sur 5
Ces biais ne sont pas un défaut d'intelligence : ils agissent sans qu'on s'en rende compte, au travail comme ailleurs. Les repérer s'apprend, et c'est ce que nous faisons en conférence avec vos équipes.